Accueil » Tenir debout dans un monde incertain : ressources face à l’éco-anxiété

Tenir debout dans un monde incertain : ressources face à l’éco-anxiété

Tenir debout éco-anxiété

Tenir debout, les mains dans la terre

On entend parfois que “faire son jardin est un acte de résistance”.

Cette phrase m’a touchée, peut-être parce qu’elle résonne très concrètement dans mon quotidien.

J’ai répondu spontanément : “C’est ce qui m’aide à tenir debout.”

Et c’est profondément vrai.


Éco-anxiété : une réaction humaine face au monde actuel

Aujourd’hui, de plus en plus de personnes ressentent de l’éco-anxiété appelée aussi solastalgie.


Face aux bouleversements climatiques, à l’érosion du vivant, aux tensions géopolitiques qui s’y ajoutent parfois et à l’accumulation d’informations préoccupantes, il est naturel de ressentir de l’inquiétude, de la tristesse, de la colère ou un sentiment d’impuissance.

L’éco-anxiété n’est pas considérée comme un trouble psychique en tant que tel dans les classifications diagnostiques comme le DSM-5.
Elle est plutôt décrite comme une réponse émotionnelle cohérente face à la gravité des enjeux environnementaux (INSERM).

Lorsque l’anxiété devient trop envahissante, elle peut impacter le quotidien et nécessiter un accompagnement adapté.

Ressentir de l’éco-anxiété n’est donc pas un problème en soi.


Rester seul·e avec ce que l’on traverse peut, en revanche, devenir particulièrement éprouvant.

Alors, chacun(e) cherche, consciemment ou non, des points d’appui.



Retrouver un lien avec le vivant


Pour moi, l’un de ces points d’appui est le jardin.

Cultiver mon potager, mettre les mains dans la terre, observer le vivant, en prendre soin, ralentir.

Ces gestes simples transforment quelque chose en moi.

Ils me ramènent au corps, m’aident à ralentir, apaisent mon mental, soutiennent mon système nerveux. C’est un moment d’ancrage au présent.

Ils me rappellent que, malgré les inquiétudes, le vivant continue de pousser, de s’adapter et de se transformer.

Dans ces moments-là, le monde ne change pas.

Mais ma manière d’y être, elle, évolue.



Retrouver un pouvoir d’agir

Un autre de mes points d’appui est mon engagement bénévole dans une ferme agroécologique associative, dans le Gard.

C’est une manière d’agir concrètement, en cohérence avec mes valeurs.

J’y retrouve quelque chose d’essentiel : la sensation de ne pas être seulement spectatrice.

J’observe que l’action, même modeste, transforme souvent notre vécu.

Elle redonne un pouvoir d’agir, peut atténuer le sentiment d’impuissance, remet du sens.

Elle crée du lien avec les autres et rappelle que nous ne sommes pas seuls à nous soucier du vivant.

Ces expériences ne font pas disparaître les inquiétudes mais modifient la manière de les habiter.

Prendre soin de ce qui nous aide à tenir debout

Nous ne pouvons pas porter seuls le poids du monde et nous pouvons prendre soin de ce qui nous permet de rester debout.

Pour certains, ce sera le jardin.

Pour d’autres, la randonnée, la création artistique, la musique, les animaux, le bénévolat, les amis, la spiritualité, la lecture, le sport ou simplement un moment de calme.

Ces ressources ne résolvent pas les crises que nous traversons.

Elles nous permettent de continuer à vivre avec elles sans nous laisser entièrement envahir.

Prendre soin de ces ressources n’est pas une fuite.

C’est aussi une manière de prendre soin de notre capacité à agir.


Une approche thérapeutique de l’éco-anxiété

Dans ma pratique d’hypnothérapeute, j’accompagne des personnes qui ressentent cette tension entre lucidité et besoin de continuer à vivre pleinement.

Le travail thérapeutique permet de :

  • mieux comprendre ce qui se joue intérieurement
  • accueillir les émotions sans qu’elles prennent toute la place
  • apaiser le système nerveux
  • mobiliser ses propres ressources
  • retrouver une capacité d’action ajustée à ce qui dépend réellement de soi.

L’objectif n’est pas de faire disparaître l’éco-anxiété, mais d’apprendre à la traverser sans s’effondrer.


Trouver ses propres ressources

Nous n’avons pas tous les mêmes appuis, ni les mêmes aspirations.
Cependant, nous avons tous du potentiels et des ressources à explorer tout autour de nous.

Pour certain·es, ce sera le jardin.
Pour d’autres, le lien, l’engagement, la création ou le mouvement.

La question devient alors :

Qu’est-ce qui, aujourd’hui, me relie au vivant ?

Qu’est-ce qui m’aide à tenir debout lorsque le monde devient incertain ?

C’est à partir de là que quelque chose peut commencer à se transformer.


Et vous ?

Qu’est-ce qui vous aide à tenir debout en ce moment ?

Publications similaires