Choisir ce que l’on laisse entrer
Nous n’avons probablement jamais eu accès à autant d’informations qu’aujourd’hui.
En quelques secondes, nous pouvons savoir ce qui se passe à l’autre bout du monde, suivre un conflit en direct, être informé·e d’un fait divers, recevoir une alerte sur notre téléphone puis, quelques minutes plus tard, regarder une vidéo qui n’a plus aucun lien avec ce que nous venions de voir.
Cette abondance d’informations est devenue notre quotidien.
Pourtant, cela n’a pas toujours été ainsi.
Mes parents, et plus encore mes grands-parents, s’informaient différemment. Les journaux télévisés avaient une heure de diffusion, les journaux papiers se refermaient, la radio s’éteignait.
L’information avait des limites.
Aujourd’hui, elle nous accompagne partout.
Notre attention, elle, est devenue une ressource précieuse et j’ai progressivement compris qu’en prendre soin faisait aussi partie de l’équilibre.
Quand l’information ne laisse plus le temps de penser
Les chaînes d’information en continu, les notifications, les alertes, les vidéos courtes, les réseaux sociaux… Tout semble conçu pour capter notre attention.
Nous sommes exposés à un flux permanent d’événements, souvent dramatiques, parfois très éloignés de notre réalité quotidienne.
Certaines informations sont essentielles.
D’autres semblent surtout chercher à provoquer une réaction immédiate : peur, colère, indignation ou sidération.
À force, il devient difficile de prendre du recul.
Le cerveau passe d’un sujet à un autre sans avoir le temps d’intégrer, de comprendre ou de réfléchir.
Cette accumulation peut alimenter un sentiment diffus d’insécurité, une fatigue mentale ou une forme d’anxiété permanente.
Je me demande si, à force de tout voir, nous ne finissons pas par ne plus vraiment regarder mais une partie de nous emmagasine.
Choisir son alimentation informationnelle
Depuis plusieurs années, j’ai modifié ma manière de m’informer.
Je regarde très peu la télévision. J’apprécie davantage les documentaires ou les émissions que je choisis de regarder en replay.
Je sélectionne avec soin les médias auxquels j’accorde ma confiance.
Je suis attentive à leur indépendance, à la manière dont ils travaillent, aux sources qu’ils citent et je prends le temps, lorsque cela me semble important, de croiser les informations.
Je consulte finalement assez peu l’actualité immédiate, sauf lorsqu’elle concerne directement mon quotidien.
Par exemple, au moment où j’écris cet article, nous sommes en plein été dans le Gard. Les risques d’incendie sont particulièrement élevés. Dans ce contexte, je suis davantage les informations locales qui me permettent d’agir concrètement.
Le reste peut souvent attendre.
Lorsque je tombe sur une information, il m’arrive aussi de me poser quelques questions.
En quoi cette information m’est-elle utile ?
Qu’est-ce qu’elle m’apprend réellement ?
Va-t-elle me permettre de mieux comprendre le monde ou simplement susciter une émotion supplémentaire ?
Ces questions ne visent pas à ignorer les difficultés du monde ; elles m’aident plutôt à choisir ce que je laisse entrer dans mon esprit.
Comme pour notre alimentation, la qualité compte autant que la quantité.
Au fond, j’essaie de prendre soin de mon attention. Car ce à quoi nous choisissons de prêter attention façonne peu à peu notre manière de percevoir le monde, les autres et nous-mêmes.
S’offrir de vrais temps de respiration
Choisir la manière dont je m’informe est une chose.
J’ai aussi réalisé qu’il était tout aussi important de ménager de véritables moments de coupure.
Des instants où je ne cherche plus à comprendre le monde, à apprendre quelque chose ou à rester informée.
Simplement vivre.
Lire un roman. Ecrire (Découvre mes atelier d’écriture). Feuilleter un bel album. Jardiner. Marcher dans la nature. Observer les oiseaux. Regarder un spectacle qui me fait rire. Créer. Partager un repas. M’autoriser à ne rien faire. Laisser mon esprit vagabonder.
Ces moments peuvent sembler anodins mais sont essentiels.
Ils permettent au cerveau de souffler, au système nerveux de récupérer et à la pensée de retrouver de la disponibilité.
Dans une société où l’on valorise souvent la performance, l’efficacité et l’attention permanente, il devient presque nécessaire de s’autoriser à ralentir.
À se foutre un peu la paix.
Le psychopédagogue Bruno Humbeeck évoque l’importance de ces temps de « vagabondage mental », indispensables pour régénérer nos ressources cognitives face à la surcharge informationnelle.
Faire une place à des récits qui nourrissent
Le dictionnaire Le Petit Robert définit l’information comme un « renseignement ou événement que l’on porte à la connaissance d’une personne ou d’un public ».
Pourquoi l’information ne devrait-elle parler que de ce qui inquiète ou de ce qui dysfonctionne ?
Chaque jour, des initiatives citoyennes voient le jour.
Des projets de recherche aboutissent.
Des associations créent du lien.
Des personnes inventent, coopèrent, réparent, protègent ou transmettent.
Des découvertes scientifiques ouvrent de nouvelles perspectives.
Ces informations existent elles aussi.
Elles sont simplement moins visibles (merci les algorithmes, entre autres ! ).
Aujourd’hui, j’essaie donc d’équilibrer mon alimentation informationnelle : des informations sérieuses et sourcées sur les difficultés du monde, mais aussi des récits qui montrent ce qui avance, ce qui fonctionne et ce qui ouvre des possibles.
Cette diversité ne minimise pas les problèmes.
Elle m’aide à garder une vision plus complète, plus nuancée et, je crois, plus juste de la réalité.
Une approche thérapeutique face à la surcharge informationnelle
Dans ma pratique d’hypnothérapeute, je rencontre des personnes qui se sentent submergées par ce flot permanent d’informations.
Certaines ont le sentiment qu’il faudrait tout suivre pour être des citoyen·nes responsables.
D’autres culpabilisent lorsqu’elles prennent de la distance avec l’actualité.
Pourtant, prendre soin de son équilibre psychique n’est pas se désintéresser du monde.
C’est parfois la condition nécessaire pour rester disponible, lucide et capable d’agir là où cela a du sens.
Le travail thérapeutique peut permettre de :
- mieux comprendre ce qui alimente le sentiment de saturation ;
- retrouver un apaisement intérieur ;
- apprendre à poser des limites (face au flux d’informations) ;
- mobiliser ses propres ressources pour retrouver un rapport plus serein à l’actualité.
L’objectif n’est pas de vivre dans une bulle.
Il est de rester en lien avec le monde sans s’y perdre.
Trouver son propre équilibre
Nous n’avons pas tous le même rapport à l’information.
Certaines personnes ont besoin de suivre l’actualité de très près.
D’autres ressentent le besoin de prendre davantage de distance.
Il ne s’agit pas de trouver une bonne manière de faire, mais celle qui nous permet de rester informé·e sans nous épuiser.
Peut-être que, pour vous, cela passera par moins de notifications, par le choix de quelques médias de confiance, par des formats plus longs mais plus complets, par des temps sans écran, par des moments où vous laissez simplement votre esprit respirer ou peut-être autrement.
La question devient alors :
Qu’est-ce qui nourrit réellement mon attention et qu’est-ce qui l’épuise ?
Avec ce questionnement, quelque chose peut commencer à se transformer.
Être accompagné·e
Je suis hypnothérapeute, formée à l’approche systémique. J’exerce à Méjannes-le-Clap, dans le Gard, et je propose également des accompagnements en visio.
J’accompagne des personnes qui souhaitent apaiser leur anxiété, mieux comprendre ce qu’elles traversent et retrouver des ressources pour avancer dans un monde parfois incertain.
Vous n’avez pas à traverser cela seul·e.
Et vous ?
Qu’est-ce qui vous aide à préserver votre attention et à rester en lien avec le monde sans vous laisser submerger ?


