Mon chien ressent-il mon stress ? Pourquoi mon chat change-t-il de comportement selon les personnes ? Le stress du maître peut-il influencer un chien ? Pourquoi mon chien est-il calme avec certains et pas avec moi ?
Ce sont des questions que beaucoup de propriétaires d’animaux se posent.
Je ne prétends pas qu’il existe une réponse unique. Les comportements animaux sont complexes. Ils peuvent être liés à leur histoire, leur tempérament, leur état de santé, leurs apprentissages, leur environnement… et bien d’autres facteurs.
En revanche, au fil des années, une question est devenue incontournable pour moi : quelle est la place de l’état intérieur de l’humain dans cette relation ?
C’est cette réflexion que je souhaite partager ici, non pas en tant que comportementaliste animalier, ce n’est pas mon métier, mais en tant qu’hypnothérapeute orientée systémique, passionnée par les relations entre les êtres vivants.
Cette réflexion est née d’une publication
Il y a quelque temps, mon amie Laura Franceschini (La bande à Youry à Aramon), dont j’apprécie beaucoup le travail auprès des animaux, partageait une réflexion qui m’a immédiatement parlé.
À propos d’un chien qui a peur, elle écrivait notamment :
« La clé est de lui transmettre votre propre sérénité. »
Pour moi cette phrase a résonné bien au-delà du monde animal.
Transmettre son calme n’est pas une technique.
C’est un état.
Et c’est précisément à cet endroit que mon métier rejoint le sien.
Nous communiquons bien plus que des mots
Depuis plusieurs décennies, les recherches en psychologie montrent que la communication humaine ne repose pas uniquement sur les paroles. Les travaux de chercheurs sur l’importance du non-verbal, du paraverbal, sur les expressions émotionnelles (Paul Ekman), ou encore de nombreux auteurs en psychologie interpersonnelle, rappellent qu’une grande partie de nos interactions passe par des indices non verbaux.
Notre respiration.
Notre posture.
Notre rythme.
Notre regard.
Notre tension musculaire.
Notre disponibilité.
Avant même de parler, nous transmettons quelque chose de notre état intérieur.
Entre humains, nous le percevons souvent intuitivement.
Qui n’a jamais senti qu’une personne était tendue avant même qu’elle ne dise un mot ?
Pourquoi serait-il surprenant que des animaux, qui observent continuellement leur environnement pour s’adapter à lui, soient eux aussi sensibles à ces informations ?
Je ne dis pas qu’ils « lisent nos pensées » mais simplement qu’ils semblent souvent percevoir bien plus que nos paroles.
Cette sensibilité est d’ailleurs souvent décrite chez de nombreuses espèces vivant à nos côtés. Les chiens, les chats, les chevaux semblent réagir davantage à ce que nous sommes intérieurement qu’à ce que nous cherchons à montrer.
Pourquoi un même chien ne réagit-il pas de la même manière avec chaque membre de la famille ?
C’est une question que j’entends régulièrement.
Pourquoi est-il si calme avec une personne et beaucoup plus agité avec une autre ?
Pourquoi sollicite-t-il davantage un membre de la famille ?
Pourquoi semble-t-il plus détendu lorsqu’il est promené par quelqu’un en particulier ?
Les explications sont nombreuses parmis les habitudes, les apprentissages, la qualité de la relation, le niveau de cohérence dans les interactions, le vécu de chacun…
Mais je trouve intéressant d’ajouter une autre piste de réflexion.
Et si, au-delà de nos gestes, nos animaux percevaient aussi notre manière d’être ?
Une personne très tendue ne se déplace pas comme une personne détendue.
Elle ne respire pas de la même façon.
Son corps n’occupe pas l’espace de la même manière.
Sa voix change.
Son regard aussi.
Sans en avoir conscience, elle communique déjà énormément.
Ce que mes propres animaux m’ont appris
Avant d’accompagner des personnes, j’ai longtemps appris auprès de mes animaux.
En 2004, alors que j’avais 22 ans, j’ai accueilli mon premier chien : un Beauceron.
Choisir cette race n’était pas un hasard. Je m’étais énormément renseignée, mais entre les livres et la réalité, il y a parfois un monde.
À cette époque, j’étais une jeune femme très investie et aussi beaucoup plus anxieuse que je ne l’imaginais.
Je voulais bien faire et lisais énormément.
Je suivais des conseils et travaillais déjà sur moi.
Avec le recul, je réalise que nous avons grandi ensemble.
Lui apprenait à vivre avec le monde humain.
Moi, j’apprenais progressivement à vivre avec mes propres peurs.
Au fil des années, d’autres animaux sont entrés dans ma vie : un petit chien abandonné au passé probablement très difficile, des poules, puis un chat. Et même si je n’ai jamais vécu avec des chevaux, ils ont eux aussi marqué mon parcours. Lors d’une thérapie assistée par le cheval, j’ai été profondément touchée par leur capacité à réagir avec une grande justesse à ce que nous dégageons, bien au-delà des mots. Ces expériences m’ont convaincues à quel point certains animaux sont sensibles à notre état intérieur.
Chaque rencontre m’a appris quelque chose et pas seulement sur les animaux.
J’ai appris beaucoup sur moi, ma manière d’être, ma capacité à rassurer et sur ce qui se passe lorsque je suis réellement présente.
Le jour où j’ai pris conscience du chemin parcouru
Il y a quelques années, une amie m’a confié son très grand chien pour une promenade.
Je connaissais son tempérament affirmé et certaines de ses peurs.
Au cours de la balade, plusieurs chiens se sont mis à aboyer derrière une clôture puis un homme, manifestement agacé, est intervenu depuis son jardin.
En une fraction de seconde, la tension est montée, l’animal a voulu fuir.
Je me suis mise à courir entraînée par lui.
Une fois suffisamment éloignés, il voulait emprunter un long détour qui lui semblait plus sécurisant, e n’avais pas le temps.
Pendant quelques instants, j’ai senti monter mon propre stress.
J’ai repris ma respiration, je me suis recentrée et j’ai pris une décision claire.
Sans élever la voix, sans tirer, sans lutter, avec une conviction calme, j’ai avancé d’un pas vers la direction choisie.
Le chien m’a regardée et a accepté de prendre le chemin que je lui proposais.
Je ne prétends pas que cela aurait toujours fonctionné mais ce jour-là, j’ai pris conscience de quelque chose.
Le changement le plus important n’était pas chez lui ; il était en moi.
Même avec mon chat, j’apprends encore
Plus récemment, c’est mon chat qui m’a permis de faire un autre lien.
En thérapie systémique, on parle parfois de la capacité du thérapeute à « prêter son Self » : autrement dit, à rester suffisamment stable intérieurement pour offrir à l’autre un point d’appui lorsqu’il traverse une période difficile.
J’ai retrouvé cette idée le jour où j’ai accompagné mon chat chez le vétérinaire.
Malgré son inquiétude, je me suis observée à rester profondément calme.
Ma respiration, ma voix et mes gestes, tout était cohérent.
Je ne cherchais pas à faire semblant d’être sereine ; je l’étais réellement.
Cette expérience m’a rappelé combien notre état intérieur peut devenir une véritable ressource pour ceux qui nous entourent.
Ce que j’observe dans mon cabinet
Avec le temps, j’ai remarqué que derrière certaines difficultés présentées comme des « problèmes d’animaux », je retrouvais souvent des mécanismes très humains comme :
L’hypervigilance.
L’anticipation.
La peur de mal faire.
Le besoin de contrôle.
La difficulté à faire confiance.
Je pense par exemple à cette cliente venue consulter pour un burn-out et un niveau de stress devenu envahissant.
Nous avons travaillé sur elle, jamais sur son chat.
Quelques mois plus tard, elle m’a écrit :
« Aujourd’hui, mon chat et moi allons très bien. Elle remercie Magali d’avoir aidé sa maîtresse à considérablement baisser son stress. […] Je suis apaisée, j’ai repris mon travail, obtenu une promotion et pris beaucoup de distance avec ce que je ne peux pas changer. »
Je n’ai jamais rencontré son chat.
Je ne sais pas exactement ce qui a changé dans leur relation.
En revanche, je sais qu’elle, avait profondément changé.
Je pense également à cette personne très angoissée à l’idée de faire garder son chien ou à ces proches qui comprennent parfaitement un exercice proposé pour la relation avec leur animal mais deviennent incapables de le mettre en œuvre lorsque leurs émotions prennent le dessus.
Lorsque notre système nerveux est saturé, il devient beaucoup plus difficile d’accéder à nos ressources.
C’est précisément là que l’accompagnement thérapeutique prend tout son sens.
Pourquoi l’approche systémique me paraît particulièrement pertinente
La systémique considère qu’un individu n’évolue jamais seul.
Nous faisons tous partie de plusieurs systèmes : une famille, un couple, un environnement professionnel et parfois un foyer où vivent aussi des animaux.
Je vous propose de penser à l’image d’un mobile suspendu.
Lorsque vous déplacez une seule pièce, toutes les autres bougent légèrement, pas forcément de la même manière mais elles s’ajustent.
C’est souvent ce que j’observe en cabinet.
Quand une personne retrouve davantage de sécurité intérieure, de souplesse émotionnelle ou de confiance, les relations autour d’elle évoluent fréquemment.
Avec son conjoint, ses enfants, ses collègues et parfois aussi avec son chien, son chat ou son cheval.
Cela ne signifie évidemment pas que tous les comportements animaux s’expliquent par l’état émotionnel de leur humain.
Les animaux ont eux aussi leur histoire, leurs émotions, leurs apprentissages et parfois leurs traumatismes.
Les causes sont toujours multiples.
Mais ces questions me paraissent intéressantes :
Et moi, comment je me sens aujourd’hui ? Comment vais-je ?
Retrouver une relation plus sereine avec son animal en commençant par soi
Travailler sur soi ne consiste pas à devenir parfait, ni à être calme en permanence.
C’est apprendre à mieux comprendre ses réactions,à retrouver davantage de sécurité intérieure et progressivement à sortir des automatismes dictés par le stress ou l’anxiété.
Lorsque cela devient plus naturel, il arrive que les relations changent elles aussi que ce soit avec les humains ou les animaux qui nous entourent.
Et c’est peut-être ce qui me passionne le plus dans mon métier.
Vous souhaitez retrouver davantage de sérénité ?
Si le stress, l’anxiété, les peurs ou un changement de vie prennent aujourd’hui beaucoup de place, je peux vous accompagner grâce à l’hypnose orientée systémique.
Je reçois les adultes au cabinet à Méjannes-le-Clap, dans le Gard, et je propose également des séances en visioconférence.
Si vous souhaitez échanger sur votre situation ou savoir si cet accompagnement peut vous convenir, n’hésitez pas à me contacter.
Parfois, prendre soin de soi transforme bien plus que soi-même.




